Au cœur des régions du Khumbu et du Makalu, l'ascension du Mera Peak (6 467 m) mène au sommet du plus haut trekking peak du Népal. L'itinéraire emprunte la vallée reculée de la Hinku, à l'écart des sentiers fréquentés de l'Everest, et traverse une mosaïque de forêts de rhododendrons et de pins, de moraines et de glaciers, où la faune et la végétation du parc national de Makalu Barun côtoient des villages sherpas ancrés dans leurs traditions.
Après les formalités et la préparation du matériel à Katmandou, le voyage débute par un vol panoramique de 40 minutes jusqu'à Lukla, porte d'entrée du trek. De Lukla, le sentier s'enfonce vers Paiya à travers une petite jungle et des cascades, avant de franchir le col de Kari La (3 145 m) en direction de Panggom. L'itinéraire se poursuit vers Ningsow puis la Chhetra Khola, où le Mera Peak apparaît pour la première fois au-dessus des forêts. Cette portion du trek, peu fréquentée, traverse des hameaux isolés où l'éloignement se fait sentir autant que le paysage impressionne.
Depuis la Chhetra Khola, la montée se poursuit par Kothe, Thaknak et Khare jusqu'au camp d'altitude du Mera, à 5 780 m. L'ascension est graduelle : chaque étape gagne peu d'altitude, et une journée de repos à Khare permet à l'organisme de s'adapter avant l'effort final. Les grimpeurs y reçoivent aussi une initiation aux techniques d'escalade sur glace et au maniement du matériel — crampons, piolet, cordes — nécessaire pour le jour du sommet.
L'ascension finale débute en pleine nuit, pour progresser sur le glacier du Mera avant que la neige ne se réchauffe. Le parcours, essentiellement une longue marche encordée sur glacier, ne présente pas de difficulté technique extrême, mais l'altitude et le froid en font une épreuve exigeante. Au sommet, le panorama s'étend sur l'Everest (8 848 m), le Cho Oyu (8 188 m), le Lhotse (8 414 m), le Makalu (8 463 m), le Kangchenjunga (8 586 m), le Nuptse (7 861 m), le Chamlang (7 319 m) et le Baruntse (7 129 m).
La descente reprend le même itinéraire jusqu'à Thuli Kharka, puis franchit le col de Zatrwa La (4 610 m) pour rejoindre Lukla.
Le printemps (mars à mai) et l'automne (septembre à novembre) sont les meilleures saisons pour cette ascension, avec un temps stable et des vues dégagées sur les sommets environnants. L'hiver reste praticable pour des grimpeurs expérimentés, prêts à affronter le froid et les chutes de neige ; la mousson, en revanche, rend les sentiers glissants et limite la visibilité, et n'est pas recommandée.