Trek du Haut Dolpo
Le Haut-Dolpo compte parmi les régions les plus reculées et les plus préservées du Népal. Longtemps fermée aux étrangers et toujours soumise à un permis d'accès restreint, elle a conservé, à l'abri de la modernisation, un mode de vie et des traditions d'influence tibétaine et bön que l'on ne retrouve nulle part ailleurs dans l'Himalaya népalais. Ce trek de vingt-quatre jours conduit au cœur de cet isolement, jusqu'aux eaux turquoise du lac Phoksundo et aux monastères bâtis à flanc de falaise qui font battre le cœur spirituel de la région.
Le voyage débute à Katmandou. Un vol pour Nepalgunj puis pour Juphal ouvre la marche, qui suit d'abord la rivière Thuli Bheri jusqu'à Suligad Ghat, franchissant ponts suspendus et forêts de cèdres. Le sentier gagne ensuite Chhepka puis Renje, avant de rejoindre le village de Ringmo, aux maisons de terre et aux chörtens couverts de drapeaux de prière. C'est là qu'apparaît le lac Phoksundo, aux eaux d'une limpidité saisissante, où une journée est réservée à l'acclimatation et à la découverte du mode de vie tibétain des habitants. La marche se poursuit le long de la Phoksundo Khola jusqu'à Phoksundo Bhanjyang, puis franchit le col de Kang La (5 350 m) pour atteindre Shey Gompa, monastère kagyupa fondé au XIe siècle et dont l'histoire remonte au saint Padmasambhava — une nouvelle journée y est consacrée à l'acclimatation et à la visite du site. L'itinéraire traverse ensuite les villages de Namgung et de Saldang, puis Yangtze Gompa, haut lieu de la religion bön, avant de rejoindre Sibu et Jeng La Phedi. Le franchissement du col de Jeng La (5 220 m) ouvre la descente vers la vallée de Dho Tarap, où une deuxième journée d'acclimatation permet de visiter plusieurs monastères des environs. Le retour se fait par les prairies de Karma Kharka, Khanigaon, Tarakot et Dunai, avant un vol retour vers Nepalgunj puis Katmandou.
Ce trek exige une réelle autonomie : les étapes sont longues, deux cols de plus de 5 000 m doivent être franchis, et plusieurs nuits se passent sous tente dans des sections dépourvues de tout hébergement. Quatre journées d'acclimatation jalonnent l'itinéraire pour permettre à l'organisme de s'adapter à l'altitude en toute sécurité. Une bonne condition physique et une expérience de la randonnée en terrain isolé sont nécessaires pour aborder ce voyage dans de bonnes conditions.
Les meilleures saisons pour ce trek sont le printemps (avril à juin) et l'automne (septembre à novembre), lorsque le temps est le plus stable, le ciel dégagé et les vues sur les sommets himalayens les plus nettes. Le printemps apporte fleurs sauvages et paysages alpins verdoyants, tandis que l'automne offre un air vif, des sentiers secs et une excellente visibilité.
Au-delà de l'effort physique, ce voyage est avant tout une rencontre : celle d'une culture bouddhiste tibétaine préservée par l'isolement, de monastères vieux de plusieurs siècles et de communautés dont l'hospitalité reste intacte. Notre équipe, forte de son expérience de cette région exigeante, vous accompagne pas à pas dans cette immersion au cœur de l'un des derniers sanctuaires himalayens.
Itinéraire
À l'arrivée à l'aéroport international de Tribhuvan (1 300 m), un représentant de notre équipe vous accueille et vous conduit à votre hôtel à Katmandou. Le reste de la journée est libre : l'occasion de récupérer du décalage horaire avant vingt-quatre jours de trek dans l'une des régions les plus reculées de l'Himalaya.
La journée est consacrée à la découverte des grands sites de la vallée de Katmandou, inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO : le temple de Pashupatinath, le stupa de Bodnath, celui de Swayambhunath, ainsi que Durbar Square et l'histoire qu'il renferme. Le temps restant est réservé à la préparation du matériel pour ce long trek en grande partie autonome vers le Haut-Dolpo.
Le vol pour Nepalgunj, en début de matinée, survole la frontière entre les hauts sommets himalayens et les plaines du Teraï. Nepalgunj (150 m), ville proche de la frontière indienne, surprend par sa chaleur et son atmosphère très différente de Katmandou. Le temps disponible permet d'en découvrir les quartiers principaux avant le départ vers le Dolpo le lendemain.
Un vol matinal conduit à Juphal (2 475 m), point de départ du trek. Le sentier descend aussitôt vers la rivière Thuli Bheri, que la marche longe en traversant plusieurs cours d'eau et hameaux jusqu'au confluent avec le Suligad. De grandes forêts de cèdres précèdent l'arrivée au hameau de Suligad Ghat (2 080 m), première étape de vingt jours de marche en terrain isolé.
Le sentier franchit plusieurs ponts en direction de Ruktang, alternant montées et descentes jusqu'à l'embranchement qui mène au lac Phoksundo, puis jusqu'à Chhepka. Depuis Chhepka, la marche s'élève sur une crête qui contourne le versant ouest avant de remonter le long du cours d'eau jusqu'à Renje (3 010 m).
La marche de Renje à Ringmo (3 640 m) marque un dénivelé important. Le sentier franchit des ponts de bois au-dessus de la rivière Pungmo, tandis que la Phoksundo se devine au fond de la vallée. Ringmo se distingue par ses maisons de terre, ses chörtens et ses murs à mani enduits de boue, empreints de l'influence tibétaine qui marque toute la région. Une courte marche mène ensuite au lac Phoksundo (3 600 m), blotti au pied des montagnes.
Cette journée de repos et d'acclimatation est consacrée à l'exploration du village de Ringmo et des abords du lac Phoksundo, dont les rives offrent une vue dégagée sur le massif du Kanjirowa Himal. Ringmo est habité par une population dont le mode de vie, la cuisine, l'architecture et l'habillement portent la marque de l'influence tibétaine ; les nombreux chörtens du village portent les prières de ses habitants.
Le sentier longe la rive du lac Phoksundo à travers une végétation dense, sur un chemin rocailleux qui demande de la prudence. Il traverse ensuite de verts pâturages qui cèdent la place à la plaine alluviale du torrent Phoksundo. Le bivouac est installé sous tente à Phoksundo Khola (3 630 m), première nuit en autonomie complète, loin de tout hébergement.
Le petit-déjeuner est pris au bord de la Phoksundo Khola, dans un cadre paisible. Le sentier s'élève ensuite jusqu'à la rivière Ghyampo Kapuwa, traversée par une vallée glaciaire. Après plusieurs ponts de bois branlants et une montée soutenue, la marche atteint Phoksundo Bhanjyang (4 120 m), d'où le col de Kang La (5 350 m) se dessine nettement à l'horizon.
La première partie de la marche gravit le col de Kang La (5 350 m) par un sentier raide et souvent glissant, point culminant de cette portion du trek. Le sommet du col offre un panorama saisissant sur les chaînes environnantes. La descente serpente à travers des pâturages où paissent des troupeaux gardés par des bergers, jusqu'à l'apparition des chörtens de Shey Gompa (4 343 m), signe de l'arrivée à ce monastère isolé.
Cette deuxième journée d'acclimatation est consacrée à la découverte de Shey Gompa, dont l'histoire remonte à l'époque du saint Padmasambhava. Premier monastère kagyupa du Népal, il aurait été fondé au XIe siècle. La visite se prolonge jusqu'à la montagne de cristal voisine, lieu de pèlerinage pour les bouddhistes de la région, avant le retour au camp.
Le chemin traverse des forêts de genévriers avant de descendre dans un canyon rocheux. Une succession de lacets et de blocs rocheux mène au col de Saldang La (5 094 m), deuxième franchissement à plus de 5 000 m du trek. La longue descente qui suit, orientée plein nord, révèle une bâtisse de pierre rouge accrochée à la paroi d'une gorge : le monastère de Namgung, qui annonce l'arrivée au village du même nom (4 360 m).
En quittant Namgung, le sentier grimpe une pente puis se poursuit sur des pistes poussiéreuses en balcon. L'effort est récompensé par une vue dégagée sur Saldang et, en contrebas, sur la rivière Nagon. Les premiers hameaux annoncent l'arrivée à Saldang (3 770 m), le plus vaste village du Haut-Dolpo, où le temps disponible permet d'échanger avec les habitants.
Le sentier file plein nord depuis Saldang, alternant montées et descentes jusqu'à la rivière Nagon. La marche traverse les petits hameaux de Tiling et de Kaigaon, où une pause déjeuner est prévue, avant de rejoindre Yangtze Gompa (4 960 m). Ce monastère, l'un des plus importants centres de la religion bön du Dolpo, se visite en fin de journée ; les moines qui l'habitent se prêtent volontiers à l'échange sur cette tradition antérieure au bouddhisme tibétain.
Deux itinéraires permettent de rejoindre Sibu ; le plus direct reprend la direction de Saldang avant de suivre le lit de la rivière Nagon, ponctué de stupas, de cultures en terrasses, de chörtens et de pierres à mani. Après 2 à 3 heures de marche sur la rive gauche de la rivière, le sentier atteint Sibu (4 560 m).
La marche suit le torrent Nagon vers l'est jusqu'au confluent de deux petits cours d'eau, puis se poursuit jusqu'au pied du col de Jeng La. Aucune habitation ne subsiste à cette altitude : le bivouac est installé sous tente à Jeng La Phedi (4 700 m), en vue du franchissement du col le lendemain.
Le sentier grimpe jusqu'au point culminant du col de Jeng La (5 220 m), le plus haut du trek, qui domine un vaste panorama de sommets enneigés. La descente, sur un chemin accidenté, rejoint la vallée de Tarap en passant par le monastère de Tokyu. En longeant la Thakchiu Khola, la marche s'achève à Dho Tarap (3 944 m).
Cette dernière journée d'acclimatation permet d'explorer la vallée de Dho Tarap et ses monastères : Dhoro Gompa, Shipchaur Gompa et Ribo Bhumpa Gompa comptent parmi les sites que l'on peut visiter aux abords du village, où les échanges avec les habitants complètent la découverte de cette communauté du Haut-Dolpo.
Le sentier descend dans une vallée qui s'élargit avant de se resserrer en gorge. La marche, au milieu des genévriers et des rosiers sauvages, atteint le confluent de la Tarap Chu et du torrent Lang, puis les vastes prairies de Karma Kharka (3 800 m), où le camp est installé sous tente face aux collines verdoyantes et aux sommets environnants.
La marche suit la gorge de la rivière Tarap, passant devant plusieurs anciens emplacements de campement installés sur ses berges. Gorges étroites et dalles de pierre rythment le parcours jusqu'à Lammchaur puis Laina Odar. Plusieurs ponts branlants précèdent l'arrivée au camp de Khanigaon (3 150 m), au bord de la rivière.
Le chemin traverse des forêts luxuriantes puis longe la rivière jusqu'à Tarakot (2 540 m), où cultures en terrasses et maisons de terre annoncent le retour vers des altitudes plus basses. Après une pause déjeuner, la descente se poursuit le long de la rive de la Thuli Bheri jusqu'à Dunai (2 140 m), où la nuit est passée.
La marche depuis Dunai reste globalement plate, le long de la Thuli Bheri, en traversant cultures en terrasses et villages, dont Dhupichaur, Rupgad et Motipur. Après environ 3 heures de marche, le sentier atteint Juphal (2 475 m), point de départ et d'arrivée du trek dans le Haut-Dolpo.
Un vol court mais spectaculaire relie Juphal à Nepalgunj, dévoilant un dernier panorama sur les sommets enneigés et les collines arides du Dolpo. Une correspondance ramène ensuite à Katmandou par un vol survolant les collines du Moyen-Ouest népalais. Le temps disponible en fin de journée permet de flâner dans les marchés de la capitale pour y trouver quelques souvenirs.
Un dernier transfert conduit à l'aéroport international de Tribhuvan pour le vol de retour. Vingt-quatre jours après le départ, ce voyage au cœur du Haut-Dolpo s'achève ; l'isolement et la culture tibétaine de cette région comptent parmi les expériences les plus rares que l'Himalaya népalais puisse offrir.